Présentation

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En allant, au Spitzberg, SAS le Prince Albert II a voulu rendre hommage à votre trisaïeul, le Prince Albert Ier qui avait exploré ces étendues glacées au début du siècle dernier. Le Prince est aussi venu constater les transformations induites, depuis cette époque, par la pollution et le réchauffement du climat.

Il a ainsi voulu marquer sa préoccupation et sensibiliser l'opinion mondiale aux risques associés à ces phénomènes qui menacent aujourd'hui notre planète. Pour collaborer au volet scientifique de Son expédition, le Prince Albert II avait invité deux experts : le Dr. Samantha Smith, Directrice des programmes polaires du WWF et le Dr. Roberto Cassi, du Laboratoire de l'Environnement Marin de l'Agence Internationale à l'Énergie Atomique. Il avait confié à au Professeur Jean Jaubert, Directeur du Musée océanographique de Monaco, et à ses deux équipiers, Patrick Marchand et Bruno Philipponnat, le soin de récolter des échantillons représentatifs de la faune subaquatique.

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L'univers sous-marin qu'ils ont découvert était riche et coloré. Par endroits, le sol était jonché de concrétions roses formées par des algues calcaires. Des anémones épanouissaient leurs corolles rouges et blanches. Des éponges jaunes, des oursins verts et des coquillages multicolores s'accrochaient aux roches.

Des crevettes, des bernard-l'hermite et des crabes couraient sur le sable ou la vase. Parfois, d'immenses algues laminaires déroulaient leurs frondes rubanées comme en Bretagne. Enfin, par 79° de latitude Nord, au cours des cinq dernières minutes de leur cinquième et dernière plongée, ils ont découvert le coquillage qu'ils nous n'espéraient plus trouver. C'était une grosse palourde, très rare à cette latitude, que le Prince Albert Ier avait trouvée le long des côtes de Norvège, mais pas au Spitzberg.

Ce mollusque dont la durée de vie dépasse largement le siècle est une véritable machine à enregistrer les variations de la température et de la composition chimique de l'eau. Jour après jour, il absorbe et fixe dans les couches de nacre qui forment sa coquille des métaux lourds, des pesticides et des marqueurs de température. L'analyse des coquilles ainsi récoltées va donc permettre de reconstituer, avec une très grande précision, l'historique de la pollution amenée par les vents et les courants et l'évolution de la température de la mer.

Le recul impressionnant des glaciers permet de supposer que cette température a augmenté depuis le passage du Prince Albert Ier. Et cela conduit à évoquer les manifestations qui commémoreront, l'année prochaine, le centenaire de Ses premières expéditions polaires.

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Panorama Lilljehook - juillet 1906
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Panorama Lilljehook - juillet 2005

Ces manifestations auront lieu les 11 et le 12 mai 2006. Elles comprendront des conférences et une exposition au Musée océanographique. Elles seront clôturées, Salle des Étoiles, par une soirée de gala donné au profit des programmes de protection de l'environnement spécifiquement préparé et proposés par une ou deux associations à but non lucratif.

Les conférences rassembleront des spécialistes internationaux, historiens et climatologues, qui brosseront un vaste panorama des sujets que Votre expédition a mis en exergue.

Ils commenceront par évoquer l'étude et l'exploration des régions arctiques à l'époque du Prince Albert Ier. L'exposé des travaux scientifiques de ce grand visionnaire servira de transition pour parler de l'homme dans l'Arctique, de l'origine des populations aux enjeux économiques et stratégiques des routes maritimes.

Ensuite, on abordera le thème des changements climatiques. Les changements du passé seront traités de façon factuelle et mis en perspective dans deux échelles de temps complémentaires : celle des temps géologiques et celle des temps historiques.

Au cours des temps géologiques, les faits marquants sont les énormes changements qui ont affecté les continents, les océans et la composition de l'atmosphère depuis l'apparition de la vie sur terre. On parlera aussi de l'alternance des cycles de glaciations et de réchauffement qui ont jalonné l'ère quaternaire.

Au cours de l'histoire, les variations climatiques sont documentées par des preuves indiscutables. Les peintures des grottes ornées par nos ancêtres du paléolithique montrent que les bords de la Méditerranée étaient peuplés par des animaux que l'on trouve aujourd'hui dans la toundra. Entre 1550 et 1850, il y a eu trois siècles de refroidissement encadrés par deux épisodes caniculaires. Ainsi, en l'an 1200, les Vikings colonisaient-ils le Groenland puis étaient chassés par le retour du froid. Les historiens ont relevé des événements similaires en Amérique du Sud et en Chine.

Enfin, on décrira les écosystèmes des régions arctiques, puis on parlera de l'impact de la pollution globale dans ces régions particulièrement sensibles. Quelques exemples remarquables d'adaptation au froid clôtureront cette vaste fresque.

L'exposition illustrera ces thèmes et présentera les techniques modernes qui permettent d'étudier les processus incroyablement complexes qui régissent l'évolution du climat.

Une attention particulière sera accordée aux principales causes de cette évolution parmi lesquelles on peut citer :

  • Les variations des gaz à effet de serre dans l'atmosphère ;
  • Les variations de la position astronomique de la terre (cycles de Milankovitch) ;
  • Les variations de l'activité solaire.
  • Les perturbations des cycles de l'eau et du carbone ainsi que les rejets massifs de gaz et de poussières par des éruptions volcaniques et l'impact de météorites géantes.

Les changements du passé ont eu des causes naturelles qui agissent encore aujourd'hui, mais on suspecte l'influence grandissante de l'homme par le biais :

  • des rejets massifs de gaz à effet de serre depuis le début de la révolution industrielle
  • et des perturbations à grande échelle des écosystèmes.

Les risques sont très importants, mais encore difficile à chiffrer car la modélisation du climat mondial reste très complexe. Les intérêts des acteurs scientifiques et économiques sont généralement contradictoires et il ne faut pas oublier que le coût des mesures susceptibles de réduire les émissions de gaz à effet de serre sera considérable. L'homme souhaite contrôler le climat. C'est le domaine controversé et encore balbutiant de l'ingénierie climatique.

Monaco le Lundi 14 Avril () - Copyright © 2008 Palais Princier de Monaco - http://monaco.arctic-expedition.mc