Palais Princier de Monaco
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Conférence « Monaco+5 » :« Construire une Europe adaptée aux enfants : changer une vision en réalité » 20 et 21 novembre 2011


Allocution de S.A.R. la Princesse de Hanovre lors de la cérémonie d’ouverture

 Photo 1 :Conférence « Monaco+5 » :« Construire une Europe adaptée aux enfants : changer une vision en réalité » 20 et 21 novembre 2011


Mesdames, Messieurs les Ministres,
Monseigneur
Madame la Secrétaire Générale Adjointe du Conseil de l'Europe,
Monsieur le Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe,
Mesdames, Messieurs les Représentants du Comité des Ministres, de l'Assemblée Parlementaire et du Congrès des Pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe,
Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations internationales et non gouvernementales,
Délégués des enfants et des jeunes,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,


Il y a exactement 52 ans, le 20 novembre 1959, l'Assemblée générale des Nations Unies adoptait, à l'unanimité, la Déclaration des droits de l'enfant, reconnaissant ainsi pour la première fois la nécessité d'accorder une protection particulière à l'enfant, en raison de sa singularité.

Trente ans plus tard, le 20 novembre 1989, la communauté internationale renouvelait et renforçait cet engagement en adoptant un instrument juridique contraignant, la Convention Internationale des Droits de l'Enfant.

Aussi, je suis particulièrement heureuse de présider cette Conférence du Conseil de l'Europe qui s'ouvre en ce jour très symbolique, le 20 novembre, Journée mondiale des droits de l'enfant.

Nelson Mandela a dit : « Nous devons à nos enfants -- qui sont les plus vulnérables -- une vie à l'abri de la violence et de la peur ».

L'enfance devrait en effet être la plus belle période d'une vie : des années empreintes de découvertes, d'émerveillement et d'insouciance. Malheureusement combien d'enfants souffrent aujourd'hui dans le monde et combien de fois l'insouciance laisse-t-elle place à la peur et à la douleur ?

La détresse des enfants victimes d'abus sexuels, de violence, de mal nutrition ou encore de maladies, me touche profondément et, je crois, ne peut laisser personne indifférent. C'est pourquoi, pour lutter contre ces situations intolérables, j'ai décidé de porter haut, chaque fois que possible, la voix souvent inaudible, des enfants en souffrance.

En raison de la grande fragilité attachée à la période de construction qu'est l'enfance, la promotion des droits de l'enfant et la protection des enfants contre la violence sont le devoir de tous.

Les enfants sont bien souvent les premières victimes des situations de crises : crises économiques, conflits armés ou encore des crises familiales.

Or, s'assurer aujourd'hui de l'épanouissement des enfants est la condition sine qua non d'un avenir meilleur.


Mesdames, Messieurs,

Il m'est particulièrement agréable d'être présente parmi vous aujourd'hui, cinq ans après le lancement, ici même à Monaco, du programme du Conseil de l'Europe « Construire une Europe pour et avec les enfants » et dont j'avais déjà eu le plaisir de Présider la Conférence.

Ce programme qui n'aurait vu le jour sans l'impulsion de Mme la Secrétaire Générale adjointe du Conseil de l'Europe, Maud de Boer Buquicchio, a pour objectif principal d'aider les décideurs et les parties prenantes à mettre en place des stratégies politiques nationales. Reposant sur trois piliers : la prévention, la protection et la participation des enfants, le Programme « Construire une Europe pour et avec les enfants » a ainsi permis aux Gouvernements, aux Organisations Internationales, aux ONG, aux Associations et aux jeunes de se rencontrer et d'échanger leurs réflexions sur la thématique de la protection de l'enfance.

En abordant cette Conférence, J'ai mesuré le chemin parcouru depuis l'adoption de textes internationaux sur les droits de l'homme et plus particulièrement sur la protection de l'enfant.

En 2006, lors du lancement du Programme, j'exprimais le souhait d'assister à la création d'un véritable réseau de solidarités et je suis ravie de pouvoir constater que l'union de nos actions respectives a permis l'accomplissement de nombreux progrès.

A cet égard, je tiens à saluer le travail précurseur réalisé par le Conseil de l'Europe et ses Etats membres depuis 5 ans, notamment dans le cadre de ce programme pour lequel mon pays attribue la plus substantielle de ses contributions financières, maintenant depuis plusieurs années. L'action du Conseil de l'Europe en faveur de la promotion de l'accès des enfants à la justice, de la suppression de toute les formes de violence à l'égard des enfants et de la protection des enfants les plus vulnérables est particulièrement novatrice et devrait inspirer d'autres Organisations régionales.

Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, l'Europe a accompli des progrès considérables pour lutter contre le racisme et l'intolérance, pour protéger les minorités, les personnes vulnérables et pour faire respecter l'égalité entre les hommes et les femmes.

Vous le savez, l'évolution des sociétés et le développement des technologies de la communication créent de nouveaux défis pour la protection de l'enfance, qui devront être pris en compte dans nos actions futures. En effet, les nouvelles technologies, et notamment les réseaux sociaux, exposent les enfants à des formes modernes d'outrages et en font les cibles de choix d'individus sans morale. Nous ne pouvons rester impuissants face à l'évolution et l'accroissement de cette cybercriminalité.

C'est notamment pour cette raison que nous nous réunissons aujourd'hui et demain afin de faire un bilan de ce qui a été accompli et de nous fixer des objectifs ambitieux dans le cadre de la nouvelle Stratégie du Programme du Conseil de l'Europe pour les années 2012-2015.

Parmi les thèmes qui seront abordés lors de cette Conférence, figure celui de la participation des enfants à la prise de décisions les concernant. Cette question est particulièrement essentielle et je me réjouis de la participation d'enfants durant la Conférence, qui nous feront part de leurs expériences mais aussi de leurs attentes.

Je souhaiterais également mentionner la nécessité pour les politiques publiques de santé de développer des soins de santé adaptés aux enfants. Ce thème sera abordé dans nos débats et s'inscrit dans le cadre du suivi de la Conférence de Lisbonne des 29 et 30 septembre dernier. Je tiens à cet égard à saluer l'adoption de Lignes directrices et d'une Déclaration ministérielle sur ce sujet d'avenir, qui proposent une approche intégrée du développement de l'ensemble des activités relatives à la santé de l'enfant, plaçant les droits de l'enfant, leurs besoins et leurs ressources au centre des activités de santé, en tenant compte de leur milieu familial et social.

Mesdames, Messieurs,

Les débats et tables rondes qui vont se tenir aujourd'hui et demain dans le cadre de cette Conférence intitulée « Construire une Europe adaptée aux enfants : changer une vision en réalité » seront, j'en suis sûre, riche d'enseignements. Déjà la participation nombreuse démontre la volonté de l'ensemble des Etats membres, des institutions internationales et de la société civile de poursuivre la création d'une Europe plus respectueuse des droits et garante du bien-être des enfants.

Madame la Secrétaire générale adjointe,

Je vous remercie très sincèrement de m'avoir demandé de présider cette Conférence et vous assure, qu'armée de mes convictions et de mon expérience, je mettrai tout en œuvre pour que nos discussions soient les plus fructueuses possibles.

Comme vous le savez, la cause des enfants me tient particulièrement à cœur, ainsi qu'à de nombreux habitants de la Principauté. A cet égard, je tiens à saluer l'action poursuivie par plusieurs associations monégasques, ici représentées, qui oeuvrent chaque jour en faveur de la protection de l'enfance partout dans le monde.

Je souhaiterais à cet égard vous parler un instant de l'AMADE. En 1993, J'ai succédé à la Princesse Grace, Ma Regrettée Mère, à la présidence de cette association qu'Elle avait créée pour susciter de nombreuses initiatives permettant d'assurer le bien-être physique, moral et spirituel de l'enfant dans le monde, sans distinction de race, de sexe, de nationalité ou de religion, et dans un esprit de totale indépendance.

J'ai très vite mesuré l'ampleur des responsabilités qui M'attendaient, mais Je désirais ardemment poursuivre l'action qu'Elle avait entreprise trente années auparavant. L'AMADE a donné naissance à des antennes nationales sur tous les continents et entretient avec elles une étroite collaboration.

Mes voyages à travers le monde sont pour Moi riches d'encouragements, rien n'est plus émouvant que le regard d'un enfant, son sourire, ses gestes de tendresse.

L'AMADE s'est fait connaître des Organisations internationales telles que les Nations Unies, l'UNICEF ou l'UNESCO et s'associe à tous ceux qui, à travers le monde, contribuent, de différentes manières, à la recherche de l'intérêt supérieur de l'enfant.

La présence de Najat MAALLA M'JID, Rapporteuse spéciale des Nations Unies et de Monsieur Paulo SERGIO PINHEIRO, auteur du rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence contre les enfants, donne une dimension planétaire à nos travaux et démontre, s'il en était besoin, l'impérieuse nécessité de s'orienter toujours plus vers une approche mondialisée des questions liées à l'enfance.

Par ailleurs, l'AMADE a approfondi sa réflexion éthique et juridique sur les droits de l'enfant, et s'investit pour le renforcement de l'ensemble des instruments de droit pénal et humanitaire international, démarche soutenue par S.A.S. le Prince Albert II, Mon Frère.

En effet, au-delà de mon engagement personnel dans la protection de l'enfance, celle-ci constitue l'une des priorités fondamentales de l'action nationale et internationale de Monaco et de ses Princes. C'est ainsi que le Prince Albert II poursuit une politique très active et engagée dans le domaine de la protection de l'enfance tant sur le plan politique intérieur que sur la scène internationale, dans les grandes instances multilatérales et par le biais de la Coopération monégasque au développement.

Sur le plan interne, je souhaiterais mentionner deux avancées législatives récentes notables dans le domaine de l'enfance :

- la Loi du 26 décembre 2007 relative au renforcement de la répression des crimes et délits contre l'enfant qui aménage et complète le dispositif pénal en vigueur, en portant sur des mesures juridiques en faveur d'une protection accrue des enfants victimes de violences, d'exploitation ou d'abus ;

- la Loi du 20 juillet 2011 relative à la prévention et la répression des violences particulières qui instaure une protection renforcée des femmes, enfants ou personnes victimes d'un handicap.

En outre, dans le cadre de la protection des enfants contre la violence, je tiens à souligner que la campagne un sur cinq du Conseil de l'Europe contre la violence sexuelle à l'égard des enfants, vient d'être lancée en Principauté et sera relayée dans l'ensemble des établissements scolaires monégasques.

Je souhaiterais à cet égard vous annoncer que la Principauté de Monaco entend ratifier, très prochainement, la Convention du Conseil de l'Europe sur la protection des enfants contre l'exploitation et les abus sexuels, adoptée à Lanzarote en 2007.

Sur le plan international, outre son engagement au sein du Conseil de l'Europe, Monaco promeut les droits et la protection de l'enfant comme axe transversal de toute politique au sein des instances multilatérales, que ce soit en matière de santé, de développement, d'instauration et de maintien de la paix, d'éducation ou encore de développement durable.

Par ailleurs, pour la première fois depuis son adhésion à la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant, un Monégasque a été élu au Comité des droits de l'enfant en décembre 2010 et participera à nos travaux en qualité de représentant de M. Jean Zermatten, Président dudit Comité.

Monaco est également actif au sein de l'UNESCO et contribue en particulier, dans le cadre du programme « Education pour tous », à un projet de formation de maîtres d'école au Burkina Faso. En effet, l'éducation est le seul moyen de donner aux enfants la possibilité de devenir participants actifs dans la transformation des sociétés dans lesquelles ils vivent.

J'aimerais également aborder ici les actions qui sont mises en œuvre par la Coopération monégasque en matière de protection de l'enfance, en permettant à des milliers d'enfants de bénéficier de programme de lutte contre la faim et la malnutrition, de vaccination contre la poliomyélite et de traitements contre le VIH/sida, le paludisme, la drépanocytose et la bilharziose.

Cette coopération s'est également engagée à améliorer la santé maternelle en appuyant des programmes de santé reproductive dans les pays qui souffrent de ce manque de services et qui doivent retenir toute notre attention.

En matière d'éducation, l'action est menée au travers de la construction et la réhabilitation d'écoles et de crèches en fournissant des équipements scolaires et autres matériels nécessaire, ainsi qu'à la formation et au logement du personnel enseignant.

Je voudrais enfin saluer le rôle des Parlementaires monégasques dans la protection de l'enfance, notamment dans le cadre des travaux de l'Assemblée Parlementaire de Conseil de l'Europe.

Cette Assemblée, présidée par Monsieur Mevlüt Çavu_olu qui vient de s'exprimer avec éloquence et pertinence, joue une rôle majeur dans la promotion des droits de l'enfant et constitue un relais fondamental auprès de chaque Etat membre du Conseil de l'Europe pour que des avancées significatives en faveur des enfants soient réalisées au sein des législations nationales.

J'avais déjà pu me rendre pleinement compte de l'importance des travaux de l'APCE lorsque j'avais participé, en janvier 2007, à l'une de ses sessions, consacrée à la lutte contre toutes les formes de violence dont sont victimes les enfants et lors de laquelle avait été adopté le rapport de M. Jean-Charles GARDETTO, « Enfants victimes, éradiquons toutes les formes de violence, d'exploitation et d'abus ».

Demain après-midi, se tiendra une réunion de la Sous-commission de l'enfant de la Commission des questions sociales, de la santé et le famille et je me réjouis de pouvoir y prendre part.

Mesdames et Messieurs,

Je tiens à remercier le Conseil de l'Europe pour sa contribution substantielle en faveur des droits de l'enfant, pour toutes les actions que l'Organisation a menées dans le cadre du programme « Construire une Europe pour et avec les enfants » et pour l'organisation de cette Conférence.

Je remercie également toutes les personnes présentes aujourd'hui et formule des vœux de réussite pour nos travaux car le temps de l'enfance est court et ne se rattrape pas.

Citant le philosophe latin Sénèque, Je dirai pour conclure: « Nos discours doivent tendre non à plaire mais à être utiles ».

Suivant ce sage précepte, Je laisse sans plus tarder la parole aux éminentes personnes qui partagent nos nobles ambitions.


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