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Tribune de S.A.S. le Prince Albert de Monaco publiée dans le Figaro

L’olympisme : un objectif politique et humaniste fondamental

Le monde va pendant deux semaines se passionner pour les Jeux Olympiques d'hiver de Vancouver. Alors que nous sommes encore sous le choc de l'effroyable tragédie qui s'est abattue sur Haïti, certains ne comprendront peut-être pas cet engouement. Je crois pour ma part que l'olympisme est plus que jamais porteur de valeurs, d'espoirs et d'accomplissements essentiels.
Siégeant depuis vingt-trois ans au Comité International Olympique, et rencontrant régulièrement des athlètes et des dirigeants de tous les continents, je constate jour après jour l'importance du message de Pierre de Coubertin. Ayant eu aussi le privilège de concourir à cinq Jeux Olympiques, et continuant de pratiquer le sport avec passion, je sais surtout que les valeurs de l'olympisme sont d'une richesse jamais démentie, pour chacun d'entre nous.
L'olympisme, c'est d'abord un message à la jeunesse. Au XIX° siècle, ceux qui ressuscitèrent l'esprit des Jeux antiques voulaient promouvoir la santé des jeunes générations par l'unité de l'esprit et du corps. Ils inventaient ainsi une éducation nouvelle, une éducation qui ne se limitait pas à l'indispensable instruction mais dessinait un rapport au corps, à la nature, au monde. Plus d'un siècle après, l'espoir d'offrir à chacun une vie saine, protégée, équilibrée, est devenu une préoccupation centrale de notre temps, un objectif politique et humaniste fondamental, bien au-delà de la célébration des Jeux Olympiques.
L'olympisme, c'était aussi croire que les hommes pouvaient collectivement progresser par la conquête individuelle de la perfection et le dépassement de soi. Tandis que nos sociétés hésitent souvent sur les principes à transmettre à leurs enfants, je crois que cet esprit d'excellence incarné par les sportifs, peut et doit être source d'inspiration. Dans les choix parfois difficiles qui font le quotidien de ma vie publique, je mesure en tout cas personnellement l'importance des enseignements du sport de haut niveau face aux défis de notre monde.
Au cœur de l'olympisme, il y avait également une exigence d'universalité. Dès le départ, la grandeur, l'audace des Jeux furent d'ouvrir la compétition à tous, quand le sport était bien souvent réservé à une élite. Cet idéal de respect et de foi en l'homme a traversé le siècle dernier avec une intensité qui n'a jamais faibli. Les images de Jesse Owens vainqueur devant Hitler sont parmi les plus fortes de notre histoire. Et aujourd'hui encore, tandis que le racisme, l'intolérance, les attaques contre les droits de l'Homme continuent de prospérer, l'universalisme reste pour nous tous un combat exigeant.
A travers ces valeurs, l'olympisme cultive depuis ses origines l'immense espoir d'œuvrer à la paix par le sport. Il affirme que l'émulation pacifique entre les peuples et le plaisir d'émotions communes peuvent faire reculer déchirements nationaux et passions belliqueuses. Cette ambition est-elle hors d'atteinte ? Je ne le crois pas. Les grandes manifestations sportives, nous le voyons à chaque jeux d'une olympiade et à chaque Coupe du monde de football, sont au contraire l'occasion de faire exister un patriotisme généreux et une identité collective réconciliée.
Bien sûr, l'olympisme n'a pas fait disparaître les guerres, pas plus qu'il ne mettra jamais fin à l'intolérance ou à la misère. Ces combats doivent être conduits à d'autres niveaux, par les Etats, par les organisations internationales, par les ONG, par tous ceux qui luttent quotidiennement pour améliorer le monde. Le sport ne prétend pas se substituer à eux, simplement jouer son rôle, fait d'exemple, de rêve et d'espoir. C'est sa grandeur et sa noblesse.
Le mouvement olympique est inscrit dans son époque. D'année en année, il sait prolonger ses engagements, les renouveler, les adapter. Depuis 1994, il a fait de la défense de l'environnement le troisième pilier de l'olympisme, avec le sport et la culture. C'est l'un des enjeux majeurs de notre temps et c'est notre devoir imprescriptible à l'égard des générations futures.
Résolument engagé dans la protection de la nature, j'ai souvent constaté l'intensité avec laquelle les sportifs prenaient conscience de l'importance de leur environnement. Plus que d'autres, ils la ressentent et la vivent. C'est pourquoi la sauvegarde de notre planète doit être au cœur de l'organisation des compétitions, comme le type même de combat pour lequel le sport a un rôle unique à jouer, à la fois de sensibilisation et d'entraînement. Les Jeux de Vancouver, dont les responsables ont fait le choix de critères écologiques rigoureux, en feront j'espère la démonstration.
Pour que les Jeux Olympiques, avec leurs athlètes, leur émotion et leur légende, continuent d'offrir à l'humanité un message d'idéal et de paix.

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