Initiatives dans le domaine scientifique et préservation de l’environnement

Héritier de la pensée scientifique de Son bisaïeul, le Prince Albert Ier « fondateur et propagateur de l'océanographie », le Prince Rainier III a toujours fait preuve d'une grande vigilance face aux habitudes néfastes de la civilisation moderne.

De 1956 à 2001, Il préside, comme Son illustre ancêtre, la Commission Internationale pour l'Exploration Scientifique de la Mer Méditerranée (CIESM). Celle-ci est un organisme intergouvernemental groupant 23 Etats membres dont 20 pays côtiers de la Méditerranée, de la Mer Noire et trois pays non-riverains. Le Prince Rainier lui-même l'a définie comme « un réseau pluridisciplinaire d'instituts et de chercheurs qui ont accès aux hautes technologies et aux instruments d'exploration océanographique les plus performants. Ce potentiel lui permet de lancer rapidement des initiatives sur des sujets sensibles mobilisant des scientifiques d'horizons complémentaires. »

Lors du 36ème Congrès de la CIESM qui s'est déroulé en Principauté du 24 au 28 septembre 2001, les représentants des Etats membres ont élu à l'unanimité le Prince Albert à la présidence de la Commission.

En 1959, le Prince Rainier III réunit au Musée Océanographique la Première Conférence scientifique sur l'élimination des déchets radioactifs à terre et en mer, avec la présence de 280 experts de 30 pays et organismes internationaux.

En 1961, le Gouvernement monégasque, le Musée Océanographique et l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) formaient un partenariat en créant un Laboratoire international de Radioactivité marine ayant pour mission d'améliorer les connaissances sur le comportement des radionucléides dans les mers et de promouvoir l'utilisation des techniques nucléaires pour protéger l'environnement marin. En 1991, cet organisme a été rebaptisé Laboratoire de l'Environnement marin et en 1998, il s'est installé définitivement dans de nouveaux locaux du Quai Antoine Ier mis à sa disposition par le Gouvernement monégasque.

En 1960, le Prince Rainier III fonde le Centre Scientifique de Monaco, établissement public doté de l'autonomie administrative et financière. Orienté vers l'océanologie et l'environnement, ce Centre a, depuis près de 40 ans, apporté sa contribution aux grandes réflexions scientifiques.

Dans le cadre d'une politique tournée vers la sauvegarde et même le sauvetage des milieux naturels et de leurs ressources, le Prince Rainier III a pris l'initiative, à l'automne 1970, de proposer la création d'une zone pilote de lutte contre les pollutions marines dans l'une des régions méditerranéennes les plus fréquentées par les touristes. Dès cette époque, l'objectif a été de réunir des experts français, italiens et monégasques dans les domaines administratifs, juridiques, scientifiques et techniques avec pour mission d'étudier et de proposer des actions concrètes pour réduire et, si possible, supprimer les pollutions, dans une zone aujourd'hui étendue entre Marseille et La Spezia.

Cette initiative, soutenue par la Commission Internationale pour l'Exploration Scientifique de la Méditerranée, a été favorablement accueillie par les Gouvernements français et italien. Le projet prit alors de nom de RA.MO.GE. qui utilise des syllabes des villes de Saint-RAphaël, MOnaco et GEnes, situées dans la zone concernée.

Des experts des trois pays ont établi un rapport préliminaire qui a servi de base à la négociation d'un Accord tripartite franco-italo-monégasque signé à Monaco le 10 mai 1976, avant que le texte ne soit définitivement ratifié en 1981. La première réunion officielle s'est tenue les 19 et 20 février 1982.

En 1971, le Prince crée, au sein de la Société de Géographie, le Grand Prix de l'Océanographie destiné à « stimuler l'émulation des chercheurs en offrant aux meilleurs d'entre eux un témoignage officiel d'estime pour les travaux accomplis, les dangers encourus, les découvertes effectuées sur mer et au sein des profondeurs sous-marines, où la part de l'inconnu est encore immense. » Parmi les illustres récipiendaires, on peut citer : le Commandant Jacques-Yves Cousteau, le Professeur Henri Lacombe (membre de l'Académie des Sciences de Paris), le Professeur Henry Stommel (USA), le Docteur Anthony S. Laughton (Grande-Bretagne), le Professeur Eric Simpson (Afrique du Sud). A l'occasion de la célébration du 150e Anniversaire de la naissance du Prince Albert Ier, ce Grand Prix a été attribué pour l'année 1997 au Professeur Jörn Thiede, Directeur de l'Institut Alfred-Wegener des Sciences Polaires et Marines à Khiel (République Fédérale d'Allemagne), et pour l'année 1998, au Professeur Ramon Margalef de l'Université de Barcelone.

En 1973, le Prince Rainier III crée un Prix portant Son nom, remis dans le cadre du Festival de Télévision de Monte-Carlo, pour récompenser une œuvre qui souligne une action en faveur de l'environnement ou dénonce les méfaits de la pollution.

En 1975, le Prince soutient la création de la Réserve sous-marine de Monaco, située au Larvotto, sur une surface de 50 ha environ, pour défendre les espèces et développer la faune et la flore marines.

Cette même année, le Prince crée la Fondation Rainier III de recherches paléontologiques pour « aider des chercheurs de toutes nationalités travaillant sur le terrain dans les domaines spécifiques de l'Institut de Paléontologie Humaine » et décerne une bourse tous les deux ans.

Dans le domaine de la protection des mers et de l'environnement, le Prince Rainier III porte un intérêt tout particulier aux mammifères marins. C'est pourquoi, la Principauté de Monaco a adhéré le 15 mars 1982 à la Convention Internationale pour la réglementation de la chasse à la baleine signée à Washington le 2 décembre 1946, et au protocole la complétant fait à Washington le 19 novembre 1956. La 49e Session de la Commission Baleinière Internationale s'est tenue à Monaco du 17 au 24 octobre 1997. C'est ainsi, tout naturellement, que Monaco accueille depuis près de 5 ans, le Secrétariat de l'Accord sur la Conservation des Cétacés de la Mer Noire, de la Méditerranée et de la zone Atlantique Adjacente. Cet accord, élaboré sous l'égide de la Convention sur les espèces migratrices est un outil de coopération visant à réduire les menaces qui pèsent sur les cétacés et à améliorer les connaissances à leur sujet.

Le Prince Rainier III a soutenu la création du sanctuaire marin en Mer Méditerranée occidentale, dans le bassin liguro-provençal englobant Monaco.

En juin 1992, Il a représenté Monaco à la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement, connue sous le nom de « Sommet de la Terre » de Rio de Janeiro. A la tribune, le Prince a exprimé :

« … (Sa) solidarité à l'initiative courageuse des hommes et des femmes de bonne volonté qui n'auront épargné aucun effort pour que ce sommet historique puisse voir le jour…

… le souhait d'apporter un témoignage direct et de partager avec vous mes inquiétudes quant au sort d'une région du globe particulièrement menacée, un des berceaux de l'humanité… je veux parler de la Méditerranée… »

Cinq ans plus tard, la Principauté publiait son premier rapport national présentant l'action menée par le Prince Rainier III dans le domaine de la conservation et de la gestion des ressources pour un développement durable. Depuis 1993, la Principauté a conclu et mis en œuvre une série d'accords de coopération technique avec les pays méditerranéens ou riverains de la Mer Noire, de l'Europe Centrale et de l'Est. Cette expression de solidarité a été renouvelée à Johannesburg en 2002, la Principauté ayant fait sien le principe d'un développement durable qu'elle a mise en œuvre et continuera d'appliquer dans le cadre de ses actions de coopération internationale.

Sous l'impulsion du Prince Rainier III l'engagement de la Principauté en faveur de l'environnement et du développement durable s'est traduit par son adhésion à de nombreux instruments et processus internationaux en matière de préservation de la biodiversité et des ressources naturelles : biodiversité, changements climatiques, déchets dangereux, couche d'ozone, désertification.

Sur son propre territoire, la Principauté a mis en place un programme d'actions visant à réduire les risques, qu'ils soient dus à la maladie ou à la pollution.

Un Service de l'Environnement a été créé en Principauté en 1992 pour mener à bien cette politique. Depuis 1974, une loi édicte des dispositions pour la protection de la qualité des eaux et de l'air.

Installé à Monaco en 1921 à l'invitation du Prince Albert Ier, le Bureau Hydrographique International, dispose depuis avril 1997 de nouveaux locaux ultramodernes sur le Quai Antoine Ier. Cette organisation intergouvernementale consultative et technique a pour principales missions la coordination des activités hydrographiques nationales, la plus grande uniformité possible dans les cartes et les documents nautiques et le progrès des sciences dans ces domaines. La Conférence Hydrographique Internationale se tient en Principauté tous les 4 ans, la dernière fois en 2001.

Dans son allocution à la conférence des Nations Unies à Rio, le Prince Rainier III précisait : « Gardons-nous des mots faciles et des déclarations de principe sans suite. Sachons trouver la force morale et politique d'appliquer les remèdes prescrits afin de sauver l'essentiel. A nous, Chefs d'Etat, de saisir collectivement cette chance de redresser durablement le cap de notre planète bleue, et de permettre ainsi à nos enfants et aux générations futures d'évoluer dans un monde plus équitable et plus sain. »

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