Le développement de l’économie

La réussite de la diversification économique est l'un des acquis les plus importants de la politique menée par le Prince Rainier III.

Jusqu'à la deuxième Guerre Mondiale, les principales recettes de l'Etat dépendaient de l'activité de la Société des Bains de Mer et de quelques entreprises installées à Fontvieille.

Devenue en 1966 une société de droit privé, dont l'Etat est l'actionnaire majoritaire, la Société des Bains de Mer reste par son chiffre d'affaires et les 3.180 emplois qu'elle procure (casino, hôtels, restaurants), la principale entreprise du pays mais sa contribution au budget de l'Etat représente moins de 4,25 % des recettes de celui-ci.

Le Prince Rainier III a su donner en effet à l'économie du pays une impulsion nouvelle avec un souci permanent d'innovation et de respect de l'environnement.

Aujourd'hui, la Principauté est devenue, sur la Côte d'Azur, un centre économique dynamique et un véritable bassin d'emploi dégageant un chiffre d'affaires qui est passé de 3 milliards de francs en 1970 à à 9,8 milliards d'euros en 2004.

L'accroissement du territoire du 1/5e de sa superficie par emprises sur la mer, a entraîné une augmentation de 50 % de sa population s'accompagnant d'un doublement des emplois salariés privés. Quelques chiffres illustrent ce développement économique : en 2005 pour une population résidente de 32.000 personnes, la Principauté offre 41.700 emplois publics et privés, dont en 2003 31.648 étaient occupés par des personnes habitant hors des frontières.

Quatre secteurs ont été le moteur de cette expansion :

  1. Le tourisme

    Le tourisme s'est longtemps tourné essentiellement vers la clientèle individuelle de haut niveau, et continue, notamment avec la SBM, à allier qualité de séjour et environnement culturel et artistique. Cependant, ce secteur a été appelé à redéployer ses moyens vers le tourisme d'affaires, de congrès, de séminaires qui a représenté en 2004 une part de marché de 26% de nuitées.

    Quelques chiffres évocateurs : l'année 2004 a vu les résultats suivants des arrivées (250.159) et des nuitées (695.265), soit respectivement une croissance de plus 7% et de plus 3% par rapport à 2003.

    Par ailleurs, le nombre de congrès a cru régulièrement et fortement : 54 en 1972, 212 en 1986. En 2004, la Principauté de Monaco a totalisé 389 congrès avec des secteurs porteurs tels que le médical, le pharmaceutique et cosmétique et les technologies (informatique et télécommunications).

  2. L'industrie

    L'industrie, cantonnée à l'origine à quelques entreprises dynamiques locales (brasserie, chocolaterie, conserverie de poissons…), représente aujourd'hui plus de 8 % du chiffre d'affaires de la Principauté ; ce secteur regroupe environ une centaine d'entreprises occupant 250 000 m² de planchers, employant environ 3.800 personnes, exerçant des activités non polluantes, axées sur la haute technologie (industries chimiques et pharmaceutiques, transformation de matières plastiques, fabrication de composants électroniques…).

  3. Le commerce

    Le commerce compte environ 1.000 magasins de détail qui offrent aux consommateurs une gamme de produits très étendue : moyennes et grandes surfaces, galeries marchandes, boutiques de luxe. Par ailleurs, les activités d'import-export ont connu ces dix dernières années un accroissement considérable. Le commerce de gros et de détail, hôtellerie et restauration comprises, représente plus de 40 % du chiffre d'affaires.

  4. Les services

    Ce secteur s'est particulièrement développé ces dernières années d'une part dans les activités bancaires et financières, avec la recherche de nouveaux produits, d'autre part, en collaboration permanente avec les professionnels, en dotant Monaco des moyens d'un centre d'affaires international : shipping, gestion de patrimoines, cabinets d'expertises, de conseils, assurances.

    En 2004, le secteur bancaire et financier compte 46 établissements de crédit qui réalisent 15 % du chiffre d'affaires total, avec 59,3 milliards d'euros d'actifs et plus de 2.800 emplois.

La loi du 7 juillet 1993 a porté création au code pénal d'une infraction de blanchiment. Ce texte institue « un service d'information et de contrôle des circuits financiers » (SICFIN), qui sur la base d'accords particuliers, entretient des relations avec le TRACFIN français, et avec de nombreux services homologues.

Le Prince a tenu à doter deux activités du secteur bancaire et financier d'une législation particulière : la Loi du 8 janvier 1990 régit les fonds communs de placement, et la Loi du 9 juillet 1997 s'applique à la gestion de portefeuilles et d'activités boursières assimilées. Cette dernière a été modifiée en 2000 pour introduire dans la législation monégasque le délit d'initié.

Le Prince a souhaité de la même manière que l'exercice d'une activité financière soit subordonné à des règles strictes pour donner à la place financière toutes les garanties indispensables. Les inspections et visites faites récemment par le GAFI et le FMI ont confirmé que le cadre juridique et son application permettaient le développement des activités financières dans la sécurité et la transparence.

La protection et l'agrandissement du port Hercule favoriseront la création de nouvelles activités liées à la plaisance et l'accueil de grands bateaux de croisières. En 2004, ont été accueillies 178 escales dont 45 en tête de ligne, ce qui a représenté 115.500 passagers et 18.000 nuitées.

Le Grimaldi Forum, inauguré en l'an 2000, a donné une nouvelle dimension au tourisme d'affaires par l'accueil de congrès de plus grande importance ainsi qu'à la vie culturelle. L'objectif est l'adéquation du tourisme d'affaires à l'accroissement de 33% de la capacité hôtelière à l'horizon 2007.

Enfin, les terrains libérés à l'ouest par la mise en souterrain de la voie ferrée et de la gare permettront entre autres l'installation de nouvelles activités industrielles ou commerciales, la construction de nouveaux immeubles domaniaux, la réalisation d'équipements publics et d'espaces verts.

Interrogé sur les orientations à développer pour les prochaines années, le Prince Rainier a déclaré en 1997 :

« Il ne s'agit pas de tout remettre en cause, ni de renier notre passé, mais peut-être de s'adapter afin de mieux saisir les opportunités. Le tourisme doit rester un atout mais il faut poursuivre la diversification industrielle, enfin et peut-être surtout rendre toujours plus attrayant ce dont la spécificité de Monaco nous donne le cadre ».

La Principauté demeure un Etat tiers par rapport à l'Union Européenne et donc par rapport au processus d'union monétaire qui a conduit à la création d'une zone Euro. Toutefois, la Principauté a introduit l'Euro sur son territoire à partir du 1er janvier 1999, par voie d'Ordonnance Souveraine, sans renoncer à ses prérogatives monétaires. Bien que non membre de l'Union Européenne, la Principauté est considérée, du fait de son union douanière avec la France, comme faisant partie du territoire douanier européen. Elle envisage d'établir un contact permanent avec cette Organisation.

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