Palais Princier de Monaco

Clôture du Colloque « Impact des changements environnementaux sur la santé humaine »

 Photo :Clôture du Colloque « Impact des changements environnementaux sur la santé humaine »

Monsieur le Ministre,

Madame le Directeur Général,

Monsieur le Conseiller de Gouvernement,
représentant le Ministre d'Etat,

Excellence,

Mesdames, Messieurs,

La journée scientifique qui s'achève a permis que se tiennent des échanges approfondis sur un sujet novateur et encore peu connu : celui de l'incidence des changements climatiques sur la santé humaine. La richesse des communications qui y ont été effectuées et la pertinence des commentaires formulés lors de vos échanges témoignent du haut niveau de cette rencontre et de l'acuité de cette thématique.

Ce colloque scientifique constitue la concrétisation, et en même temps le point de départ, d'une coopération fructueuse entre la Principauté de Monaco et l'Institut Pasteur.

Ce projet est né lorsque j'ai répondu, Madame le Directeur, à votre aimable invitation de venir visiter les locaux de l'Institut à Paris. Au cours des entretiens qui ont accompagné ce déplacement, nous avons pensé qu'il serait souhaitable de développer des initiatives communes.


En effet, l'Institut Pasteur est aujourd'hui une référence internationale dans le domaine de la recherche scientifique de très haut niveau. L'excellence de ses équipes et la qualité de ses publications sont unanimement reconnues. Son désir de faire progresser les connaissances lui ont permis d'effectuer plusieurs découvertes fondamentales. Toutes sont tournées vers l'homme, conformément à la vision scientifique et humaniste de son fondateur.

De son côté, la Principauté de Monaco favorise et accompagne depuis longtemps la recherche scientifique. Mon trisaïeul le Prince Albert 1er a ainsi pris une part active à l'émergence de deux matières alors naissantes : l'océanographie et la paléontologie humaine.

Depuis lors, plusieurs disciplines ont été accueillies sur notre territoire dans le domaine de la recherche et de la coopération internationale. Je voudrais citer à cet égard le Bureau Hydrographique International et l'Agence Internationale de l'Energie Atomique qui effectuent un travail remarquable en mettant en relation des scientifiques de divers horizons.
Dans le même état d'esprit d'une diffusion auprès du grand public des connaissances acquises, l'on peut mentionner le Musée d'Anthropologie Préhistorique de Monaco et le Musée Océanographique.

Je souhaite également souligner le rôle du Centre Scientifique de Monaco, créé par mon père le Prince Rainier III, il y a maintenant plus de cinquante ans. Cet établissement public a très tôt développé des recherches sur le milieu marin et sa préservation. Plus récemment il a élargi ses compétences dans certaines spécialités de recherche médicale. Ses nombreuses publications attestent de son savoir faire.

L'importance conférée par la Principauté à la science et à la recherche scientifique illustrent ce qui me semble être l'une des caractéristiques de notre pays : il est ouvert et attentif au monde qui l'entoure, tourné vers l'avenir. Il s'efforce de contribuer, à sa mesure, à la progression des connaissances et à leur diffusion auprès du grand public.


Dans le même sens, la Fondation que j'ai créée en 2006 œuvre à la défense de l'environnement et agit toujours en impliquant les populations concernées. Notre démarche particulière consiste à les associer étroitement, à prendre en compte leurs besoins, leurs habitudes et leur expérience.

Dans le domaine des changements climatiques, de la préservation de la biodiversité et de l'accès à l'eau, ma fondation souhaite s'inscrire dans une démarche de solidarité en lien étroit avec les personnes impliquées. L'un de nos défis consiste à faire prendre conscience aux hommes que les problèmes auxquels notre planète est confrontée sont avant tout les leurs.

C'est ce que nous faisons par exemple en oeuvrant à une amélioration de la gestion de l'eau dans le bassin méditerranéen car cette région souffre avant tout d'un manque de moyens, d'équipements et de volonté politique pour faire changer les choses.
Nous jouons également un rôle d'alerte afin de faire mieux comprendre que les dangers environnementaux ne sont pas si lointains, même si certains en doutent encore.

En ces temps de crise, nous constatons que des populations fragilisées ou inquiétées considèrent parfois les problématiques environnementales ou les questions sanitaires se posant ailleurs comme des enjeux secondaires. Comment les en blâmer quand leurs lendemains sont incertains ? Comment leur reprocher de ne pas se soucier des générations futures quand leur propre survie parait si difficile ?

Les éléments que je viens de rappeler expliquent bien pourquoi la Principauté de Monaco, l'Institut Pasteur, le Centre Scientifique et ma Fondation ont entendu travailler ensemble, dans le cadre d'un partenariat durable, au service des populations concernées.

Nous participons de la sorte à des projets communs dans le domaine de la lutte contre les maladies émergentes, ainsi que sur l'accès à la formation de scientifiques et de personnels de santé de pays moins avancés.

Ce lien fort entre nous s'est également concrétisé par la mise en œuvre de ce colloque, dont l'idée est née d'une intuition qui nous est commune : les changements climatiques que nous observons et les bouleversements de notre environnement ne peuvent pas rester sans incidence sur la santé humaine. Cette supposition est aujourd'hui largement validée, les échanges de ce jour en témoignent.


Nous avons ainsi souhaité créer un évènement permettant aux chercheurs d'effectuer des communications sur ce sujet nouveau et emblématique. Véritable carrefour d'idées, ce congrès permet de tisser des relations entre les scientifiques, les spécialistes de la santé publique, les promoteurs d'un développement responsable et respectueux de l'environnement et le public.

C'est en cela que nous répondons à notre vocation commune : articuler nos réflexions et nos actions autour de l'homme et de son devenir. L'Institut Pasteur, ma Fondation et le Centre Scientifique de Monaco se rejoignent dans cet état d'esprit conjoint : leur engagement n'est pas purement environnemental ou dominé par la science : il est avant tout tourné vers les hommes au cœur des thématiques étudiées.

Afin d'encourager et d'accompagner de manière significative les travaux de recherche relatifs à l'impact des changements environnementaux sur la santé humaine, une bourse spécifique a été créée.

Le Prix Prince Albert II/Institut Pasteur, comme cela a été souligné tout à l'heure, distingue un chercheur de renom ayant apporté une contribution importante sur ce sujet. Cette distinction récompense, bien sûr, le travail accompli. Elle constitue également un soutien pour les futures recherches du lauréat.


A l'issue d'un processus de sélection particulièrement exigeant, notre choix s'est porté conjointement sur le Professeur Michelle L. Bell, dont les importants mérites viennent d'être soulignés. Je me réjouis de pouvoir ainsi venir concrètement en aide à la recherche scientifique, tant il est vrai que la science ne progresse que grâce au travail des femmes et des hommes qui s'y consacrent.

Au moment de remettre le prix qui à la fois clôture cette journée scientifique et constitue un encouragement à poursuivre les recherches, je voudrais souligner que nos réflexions communes doivent évidemment se poursuivre. Les changements climatiques ont un impact sur la santé humaine, nous le savons maintenant. Il nous faut désormais l'illustrer davantage et nous appuyer sur ce constat irréfutable pour appeler sans relâche à une modification de nos comportements à l'égard de notre environnement.
Il en va de notre avenir commun. Il nous appartient de faire connaître largement les travaux conduits sur ce sujet fondamental. Nous devons désormais étendre les bases de ce colloque en l'ouvrant largement aux scientifiques du monde entier et en partageant le fruit des recherches.
Nous contribuerons ainsi à illustrer pleinement cette phrase de Louis Pasteur lui-même : « La science n'a pas de patrie parce que le savoir est le patrimoine de l'humanité ».

Je vous remercie.

Palais Princier de Monaco