Palais Princier de Monaco

Séance plénière de Rio+20

Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Je tiens en tout premier lieu à remercier les Autorités brésiliennes pour la qualité de leur accueil et les responsables de cette Conférence pour sa parfaite organisation.

« L'avenir que nous voulons », telle est l'ambition que nous nous sommes assignée ici, à Rio, pour définir un nouveau mode de développement pour les prochaines décennies.

Cette ambition sera vaine si nous ne prenons pas la mesure de notre responsabilité collective.

Le moment est en effet venu de prendre les engagements forts et concrets qui s'imposent.

La question du développement durable, souvent éclipsée ces dernières années par la crise économique et financière, est à nouveau au premier plan des négociations internationales.

Le monde, dans sa course effrénée à la croissance, repousse les questions environnementales, renforçant l'illusion que l'économie et l'environnement sont dissociables, voire incompatibles.

Nous ne pouvons laisser cette illusion perdurer.

Un colloque scientifique international co-organisé au printemps dernier en Principauté par ma Fondation, le Centre Scientifique de Monaco et l'Institut Pasteur, a mis en évidence ce que nous pressentions depuis longtemps : les changements climatiques ne peuvent rester sans incidence sur la santé humaine.

Les scientifiques réunis ont fait le constat conjoint d'un impact croissant des modifications dues à l'altération du climat sur la santé même des populations.

Les recherches se poursuivent, mais il doit être désormais acquis que l'Homme est ainsi directement menacé.

La communauté internationale réunie aujourd'hui au chevet de la planète démontre notre large mobilisation. Il s'agit de prouver notre force de décision et notre capacité à œuvrer pour le bien commun.

Monsieur le Président,

Rappelons-nous « l'Esprit de Rio » qui avait soufflé ici-même il y a vingt ans et nous avait conduit à adopter une Déclaration historique et des Conventions fondamentales pour la préservation de l'environnement et de la biodiversité.

Si le succès du Sommet de la Terre de 1992 fut indéniable, le bilan est toutefois contrasté vingt ans plus tard.

J'étais moi-même présent à ce Sommet, aux côtés de mon père qui avait abordé, dans Son allocution, quelques-uns des défis auxquels l'humanité devait faire face : la surexploitation des ressources naturelles, les pollutions, les changements climatiques, l'érosion et la désertification des Terres, les réfugiés environnementaux, les inégalités croissantes et déjà, la dégradation de nos mers et de nos océans. Ces défis n'ont pas été réellement relevés et l'état général de la planète s'est encore détérioré.

Le Prince Rainier III avait également dénoncé «la négligence, au pire l'hypocrisie» dans la mise en œuvre des textes internationaux en matière d'environnement.

Ce constat est malheureusement toujours d'actualité. C'est pourquoi il nous faut, en priorité, faire progresser, juridiquement et concrètement, les principes essentiels du droit international de l'environnement et surtout les respecter.

Palais Princier de Monaco