Palais Princier de Monaco

Le Souverain a rencontré des rédacteurs en chef de la presse de la Principauté

Vous trouverez ci-dessous l'interview publiée par "Monaco-Matin"

 Photo :Le Souverain a rencontré des rédacteurs en chef de la presse de la Principauté

Comment voyez-vous les derniers résultats financiers de la SBM ?
La situation demeure préoccupante, le dernier exercice affiche un déficit important en dépit de bons résultats dans les secteurs hôtelier et restauration ou celui du domaine locatif.
L'activité de début d'année dans les jeux en ligne est encourageante. L'activité « Jeux » doit être relancée. Un nouveau directeur a été recruté. Il faut lui laisser le temps de la saison estivale pour connaître les équipes et proposer ses idées.
Les coûts structurels de la société doivent baisser pour envisager un retour à la profitabilité. Des mesures réfléchies mais indispensables doivent être prises rapidement en ce sens. J'ose espérer qu'il y a une prise de conscience que notre environnement a évolué et que des efforts seront nécessaires de la part de tous - salariés, cadres et direction.
La SBM continuera à remplir sa mission sociale mais dans des conditions adaptées au nouvel environnement.
Nous ne pouvons pas prétendre à un changement radical en quelques mois mais il est inéluctable pour garantir la pérennité de la société. Freiner les réformes irait à l'encontre de cet objectif. Mon gouvernement en est parfaitement conscient et jouera son rôle pour faciliter la mise en place de ces réformes.

Si les résultats ne s'améliorent pas, le pacte social est en danger ?
Je suis persuadé que la SBM dispose des atouts, de la capacité et du savoir-faire pour engager son redressement. La question de la remise en cause du pacte social ne se posera pas.

Entreprise d'État et entreprise cotée en bourse, comment gérer cette dualité ?
Cela ne se pose pas en ces termes. La SBM doit retrouver la profitabilité pour sa pérennité, son développement et son rôle social. Comme je l'ai indiqué précédemment, notre environnement a évolué et une gouvernance efficace nécessite des mesures de management adaptées et courageuses.

Comment financer les travaux de la place du Casino évalués entre 620 et 680 millions d'euros ?
Le communiqué de presse de la SBM fait référence à une augmentation de capital. C'est une option qui a reçu mon accord car elle me paraît revêtir de nombreux avantages. Cette option entre dans un dispositif plus large de recours à l'endettement, afin d'assurer la totalité des besoins de financement.

Le gouvernement princier restera-t-il majoritaire ?
Il n'est pas question que l'État descende en deçà de 55/56 % des parts.

D'aucuns évoquent l'entrée de Dmitry Rybolovlev ou de Bernard Arnault au capital de la SBM...
Il y a plusieurs investisseurs intéressés pour entrer au capital de la société. Il ne sera peut-être pas possible de satisfaire toutes les demandes.

L'avenir du Sporting est donc bel et bien enterré.
C'est un sujet qui circule depuis plusieurs années. Nous avons essayé de réfléchir à d'autres solutions. Je suis très sensible aux arguments de ceux qui souhaitent conserver le bâtiment. Toutefois, d'après les études d'historiens et d'architectes, il s'est avéré que le bâtiment n'a pas le caractère emblématique du style art déco de l'architecte Charles Lestrosnes qui en était le concepteur. De plus, cet ouvrage commence à montrer des signes de fatigue. Dans le projet retenu, la salle des Beaux-Arts sera refaite à l'identique avec ses éléments de décor d'origine.

Que pensez-vous du projet de construction de sept bâtiments de 7 à 11 étages signés Sir Richard Rogers en lieu et place du Sporting ?
Je vous assure que c'est le projet le moins impactant. Il y en eut d'autres beaucoup plus avant-gardistes.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l'extension en mer ?
Aujourd'hui est un jour important puisqu'il s'agit de la date limite de dépôt des dossiers. Le gouvernement va s'atteler à analyser les différentes propositions. Il faut un prolongement de la coulée verte qui part des Jardins du Casino. C'est indispensable pour préserver le cadre de vie. Je souhaite très rapidement prendre une décision. Il faut que le projet soit choisi d'ici la fin de l'année.

La crise complique-t-elle le montage du financement de l'extension en mer ?
Le nouveau projet d'extension en mer a pris en considération ce paramètre. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai fixé son emprise à 6 hectares maximum.

Des immeubles de grande hauteur sont déjà construits, en construction ou en projet. L'avenir architectural de Monaco est-il vertical ?
On ne peut affirmer que le concept des tours sera la règle pour l'avenir.
Il faut trouver des équilibres en fonction des quartiers. Il ne s'agit en aucun cas de généraliser les projets Odeon ou Simona. Je me suis attaché à limiter les hauteurs d'un certain nombre de bâtiments. Cependant, tous les projets sont étudiés mais je souhaite privilégier l'excellence en matière architecturale avec la construction de bâtiments emblématiques.

Les effets de la crise se font sentir à Monaco ?
Il convient d'être vigilant même si notre activité économique demeure soutenue. La crise de la zone euro impacte la Principauté mais nous résistons avec des résultats conformes à nos prévisions.

L'équilibre budgétaire est-il la règle ?
Cet objectif a été atteint en 2012. Il doit être maintenu à l'avenir. Les éléments dont je dispose laissent à penser que ce sera à nouveau le cas en 2013. Il est facteur de stabilité pour notre pays.

Quelle est la stratégie budgétaire pour les prochains exercices ?
Avant tout l'équilibre budgétaire. Mais également une politique d'investissements volontaire qui permettra notamment au secteur du bâtiment de bénéficier d'un essor et d'une nouvelle dynamique.

Qu'en est-il du litige entre l'ASM et la Fédération française de football ?
Nous travaillons tous dans un esprit constructif pour trouver une solution viable. Je pense que nous trouverons une issue positive pour le club. La décision du Conseil d'État sera prise dans quelques mois. Je ne peux pas m'exprimer davantage sur ce sujet sensible qui est actuellement traité par une juridiction française.

Et sur le plan sportif ?
Je ne peux que me réjouir de la volonté affichée de constituer une équipe compétitive. Mais la vérité est toujours sur le terrain. Pour l'instant, il y a encore des progrès à faire. Une place dans les quatre premiers du championnat n'est pas inenvisageable.

Comment voyez-vous l'avis de la commission de Venise ? Peut-on envisager que Monaco quitte le Conseil de l'Europe si l'assemblée parlementaire demande en octobre une réforme des institutions monégasques ?
Cet avis a suscité beaucoup d'émotion. Je crois qu'il faut que cela se calme.
Je rappelle que l'avis de la commission de Venise est consultatif. La Principauté a engagé des réformes constitutionnelles en 2002 dont certaines à la demande du Conseil de l'Europe ce qui démontrait notre volonté d'y trouver notre place. S'il devait y avoir de nouvelles demandes, elles seraient examinées mais elles ne devraient pas remettre en question nos spécificités, notre système institutionnel garants de notre stabilité, de notre prospérité économique et de notre modèle social. Il n'est pour l'heure pas question de sortir du Conseil de l'Europe.

Quelles sont les priorités pour le logement des Monégasques ?
Mon gouvernement, en concertation avec le Conseil National, a toujours été attentif à cette question. Prenant en compte les projets à venir, les études réalisées démontrent que les besoins seront couverts pour les dix prochaines années grâce aussi à une gestion optimisée du parc domanial.

La Principauté va être nommée vice-présidente de l'Assemblée générale des Nations Unis. Une belle vitrine pour Monaco...
Je serai à New York du 22 au 25 septembre. La Principauté assurera la fonction de la vice-présidence de l'AG pour la deuxième fois, quatorze ans après l'avoir exercée à l'occasion de la 54e session, en 1999-2000. Cet exercice sera, en outre, particulièrement significatif pour la Principauté qui célèbre cette année le 20e anniversaire de son admission à l'Organisation des Nations Unies. La 68e session, présidée par John Ashe, représentant permanent d'Antigua et Barbuda, sera d'une importance particulière eu égard au double enjeu de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement et de la préparation de l'agenda politique pour le développement de l'après 2015. À ce titre, je participerai à plusieurs colloques et sessions organisés le 23, 24 et 25 septembre.

Un voyage officiel en Russie est prévu également à la rentrée.
J'y serai effectivement du 3 au 8 octobre. Les volets politiques et économiques seront prépondérants. Le volet culturel sera également à l'honneur avec une représentation des Ballets de Monte-Carlo. Je serai accompagné d'une importante délégation de la CDE avec plus de 50 chefs d'entreprises.


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